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Test endométriose : le sang menstruel pourrait-il ouvrir une nouvelle piste ?

17 sept.
5 min de lecture

Aujourd’hui, il n’existe pas un test endométriose unique permettant, à lui seul, de confirmer la maladie. Le diagnostic repose sur plusieurs étapes, associant notamment l’examen clinique et des examens d’imagerie comme l’échographie et l’IRM. Malgré ces outils, l’endométriose peut encore être difficile à identifier et le délai avant le diagnostic reste important. Selon l’Inserm, il est en moyenne de sept ans.

Dans ce contexte, de nouvelles pistes sont étudiées pour faciliter le diagnostic.

En septembre 2026, des chercheurs de l’Inserm et de l’Institut Pasteur se sont intéressés au sang menstruel. Leur étude a permis d’identifier cinq biomarqueurs qui pourraient, à terme, aider à développer un nouveau test endométriose. Ces résultats restent toutefois préliminaires et doivent encore être confirmés sur un plus grand nombre de personnes.





Test endométriose : comment la maladie est-elle diagnostiquée aujourd’hui ?



Aujourd’hui, il n’existe pas de test endométriose unique permettant, à lui seul, de confirmer la maladie. Le diagnostic repose sur plusieurs étapes : l’analyse des symptômes, l’examen gynécologique et pelvien, puis des examens d’imagerie. L’Assurance Maladie précise d’ailleurs qu’un examen pelvien normal ne permet pas forcément d’écarter une endométriose.


L’échographie pelvienne par voie endovaginale constitue un examen de référence pour rechercher certaines lésions, notamment ovariennes ou profondes. Elle peut néanmoins être négative ou non concluante lorsque les lésions sont superficielles ou peu étendues. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), une IRM pelvienne peut alors être proposée dans certaines situations pour compléter le bilan. 

Ces limites expliquent en partie pourquoi la recherche continue d’explorer de nouvelles méthodes afin de développer un test endométriose plus simple, moins invasif et capable de compléter les outils diagnostiques actuels.


Pourquoi le sang menstruel pourrait-il faire évoluer le test endométriose ? 


Le sang menstruel ne contient pas uniquement du sang. Il contient aussi des cellules provenant de l’endomètre, c’est-à-dire la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Selon l’Inserm, ces cellules pourraient fournir des informations intéressantes sur l’endométriose.

L’intérêt du sang menstruel tient aussi à son mode de prélèvement. Contrairement à un prélèvement de tissu réalisé au cours d’une intervention, il peut être recueilli de manière non invasive. Les chercheurs espèrent donc y repérer des signes biologiques liés à la maladie, appelés biomarqueurs, qui pourraient un jour contribuer à développer un test endométriose plus simple.


Cette piste est étudiée depuis plusieurs années. Une revue scientifique publiée en 2026 et référencée sur PubMed a analysé 35 études consacrées au sang menstruel et à l’endométriose. Les résultats montrent un potentiel intéressant, mais les chercheurs soulignent qu’il reste encore du travail avant de pouvoir utiliser cette méthode dans la pratique courante.


Le sang menstruel apparaît donc comme une piste prometteuse pour faire évoluer le test endométriose, mais il ne constitue pas encore un outil de diagnostic disponible aujourd’hui.



Ce que révèle l’étude Inserm sur le test endométriose.


Pour explorer cette nouvelle piste de test endométriose, les chercheurs ont analysé 10 échantillons de sang menstruel : 5 provenant de personnes atteintes d’endométriose et 5 de personnes ne présentant pas la maladie. Les participantes étaient âgées de 18 à 45 ans.


L’objectif était de comparer les cellules présentes dans les différents prélèvements afin de repérer d’éventuelles différences entre les deux groupes.

Les chercheurs ont ainsi identifié cinq biomarqueurs potentiels : TIMP2, AKR1C2, DMBT1, FERMT1 et KCNK5. Dit simplement, ce sont cinq éléments biologiques qui n’étaient pas présents de la même façon chez les personnes atteintes d’endométriose et chez celles qui ne l’étaient pas. Ces différences pourraient donc, à terme, aider à repérer la maladie dans le sang menstruel.


Ces premiers résultats ouvrent une piste intéressante pour faire évoluer le test endométriose, mais ils restent encore préliminaires. L’étude a été réalisée sur un petit nombre de participantes et ces biomarqueurs doivent désormais être étudiés sur des groupes beaucoup plus importants avant de pouvoir envisager leur utilisation pour le diagnostic.


Un test endométriose à partir du sang menstruel est-il déjà envisageable ?


À ce stade, un test endométriose à partir du sang menstruel n’est pas encore disponible. Les résultats obtenus par les chercheurs sont encourageants, mais l’étude reste une première étape.


En effet, les travaux ont été menés sur seulement 10 participantes, dont certaines étaient atteintes d’une forme profonde d’endométriose. Avant d’envisager un véritable test, les chercheurs doivent donc vérifier que les résultats se retrouvent sur un nombre beaucoup plus important de personnes et pour différentes formes d’endométriose.


L’Inserm souligne également qu’il reste à vérifier si les biomarqueurs identifiés restent suffisamment stables d’un cycle menstruel à l’autre et d’une personne à l’autre. Autrement dit, il faut s’assurer que les mêmes signes peuvent être retrouvés de manière fiable avant de pouvoir les utiliser pour poser un diagnostic.


Les chercheurs précisent ainsi que l’utilisation de cette méthode en pratique médicale prendra encore du temps. Le sang menstruel représente donc aujourd’hui une piste prometteuse pour développer, à terme, un nouveau test endométriose, mais pas encore une méthode de diagnostic utilisable au quotidien.


Test endométriose : quelles sont les prochaines étapes de la recherche ?


Identifier cinq biomarqueurs n’est qu’une première étape. Pour qu’ils puissent un jour contribuer à un test endométriose, les chercheurs doivent maintenant vérifier que ces mêmes signes sont retrouvés de façon régulière chez un plus grand nombre de personnes.


L’Inserm indique notamment que les prochaines recherches devront inclure davantage de participantes, mais aussi différentes formes d’endométriose. Les scientifiques souhaitent également suivre certaines participantes pendant plusieurs cycles afin de vérifier si les biomarqueurs restent stables dans le temps.


L’étape suivante sera donc de déterminer si ces cinq marqueurs permettent réellement de distinguer, de manière suffisamment fiable, les personnes atteintes d’endométriose de celles qui ne le sont pas. Ce n’est qu’après ces validations qu’il sera possible d’évaluer leur intérêt dans le développement d’un futur test endométriose.


La recherche se situe donc encore en amont d’un éventuel test disponible en pratique, mais elle cherche désormais à confirmer si les signaux découverts dans le sang menstruel peuvent être reproduits à plus grande échelle.



Test endométriose : pourquoi la formation des infirmiers reste essentielle ?


Si la recherche avance vers de nouvelles formes de test endométriose, leur développement prendra encore du temps. En attendant, améliorer le repérage et l’orientation des personnes concernées reste essentiel. Le ministère de la Santé rappelle que l’endométriose concernerait environ une personne en âge d’être réglée sur dix.


La formation des professionnels de santé fait donc partie des leviers identifiés pour améliorer le parcours des patientes. Le ministère de la Santé souligne notamment l’importance de mieux connaître la maladie pour repérer les signes évocateurs, et accompagner les patientes et les orienter vers une prise en charge adaptée. L’endométriose fait d’ailleurs l’objet d’une orientation prioritaire de Développement Professionnel Continu (DPC) consacrée au diagnostic précoce et à sa prise en charge.


Dans cette démarche, Freeforma propose une formation DPC dédiée à la prise en charge de l’endométriose.

L’objectif : actualiser ses connaissances sur la maladie, son repérage et le parcours de soins, dans un contexte où les outils diagnostiques et les connaissances autour du test endométriose continuent d’évoluer.


Vous souhaitez approfondir le sujet ?

Découvrez notre formation dédiée à l’endométriose et à sa prise en charge.





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